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L' Afrique aux Îles Canaries
 

Selon les données du recensement municipal d'habitants au 1er janvier 2008, le pourcentage d'africains aux Îles Canaries est de 10% à peine du total de la population étrangère.
Depuis quelques dizaines d'années, l'archipel est bien connu pour son charme touristique qui attire des visiteurs de nombreux pays. Beaucoup d'entre eux choisissent même ces îles comme lieu de résidence définitif. La prédisposition démontrée par les canariens pour cohabiter avec d'autres cultures et les accueillir non seulement avec sa traditionnelle hospitalité, mais avec une attitude ouverte et de tolérance est aussi notoire. Enfin, nous ne pouvons pas oublier que les canariens étaient au centre d'un des mouvements migratoires le plus intense à Venezuela et à Cuba tout au long du XXème siècle.

Une des caractéristiques déterminantes de cette Communauté autonome est sa proximité géographique à la réalité africaine continentale. Cette réalité est démontrée par des échanges commerciaux très fluides qui, pendant ces dernières décades, ont évolué en fonction des aléas géopolitiques de la région : notamment la cession du Sahara occidental au Maroc, et des implications que la pleine intégration de l'archipel à l'Union européenne et la perte du statut de port franc qui en résulte.

L'intérêt que les Îles Canaries suscitent, en tant que destination de travail pour les Maghrébins et les habitants des pays situés au centre du Sahara, a connu un remarquable essor pendant ces dernières années. Les chiffres de la  régularisation des immigrés en l'an 2000 dans la province de Las Palmas, destination principale de ces groupes,  mettent en évidence cet essor. En ce qui concerne les demandeurs d'emploi originaires de ces régions, les Maghrébins sont les plus nombreux; suivis par les sénégalais et les mauritaniens. Ils sont suivis de loin par les citoyens du Liberia, de la Guinée Équatoriale, du Ghana, de la Guinée Bissau, de Sierra Leone, de la République de Guinée, du Nigéria, de la Gambie…

Depuis l'arrivée de la première embarcation en 1994 jusqu'à nos jours, les africains qui sont entrés par cette voie dans les îles furent nombreux ; surtout à partir de 1998, lorsque s'est produit une forte augmentation de l'immigration irrégulière de Maghrébins en pirogues, notamment à Fuerteventura et à Lanzarote. Au passage en l'an 2001, des gens de la région subsaharienne sans papiers ont commencé à arriver en cascade à Fuerteventura, en particulier de la Sierra Leone, du Mali et du Nigéria. Ce n'est qu'à partir de la fin de l'année 2004 que le Service intégral de Surveillance extérieur (SIVE), qui avait été établit dans l'île en 2002, a commencé à porter ses fruits. Cependant, son efficacité fut loin d'être satisfaisante. Le retard et les difficultés de sa mise en place dans l'île de Canaria et Tenerife menacèrent de provoquer l'arrivée massive de pirogues qui arrivaient avant à Fuerteventura ou Lanzarote.

Le SIVE, étant déjà mis en place à Gran Canaria et Lanzarote, le flux d'embarcations illégales avait été canalisé vers Tenerife à partir de 2007. Le système de détection n'y était pas stable, et les radars installés possédaient une portée plus faible que ceux installés à Fuerteventura, Lanzarote et Gran Canaria. Finalement, le SIVE de Tenerife a commencé à fonctionner en décembre 2008. Chaque station de capteur a commencé à fonctionner aussi à La Gomera et à El Hierro vers la fin de cette année.

Il y a beaucoup d'associations et d'institutions qui collaborent à l'accueil et aux soins des immigrants qui arrivent sur les côtes canariennes. Grâce à elles, beaucoup de démarches administratives qui pénalisent  le bien-être réciproque de la cohabitation ont été améliorées. Elles ont fourni une assistance sociale de base à  ces personnes. Néanmoins, l'irrégularité administrative dans laquelle la plupart des africains se trouvent aux Îles Canaries, rend difficile la mise en place de projets qui dépassent l'accueil instantané et donnent continuité aux actions commencées pour pallier aux conditions dramatiques de leur entrée dans l'archipel.

Justement, par sa condition de frontière sud de l'Union européenne, les Îles Canaries sont un lieu de passage et sont le chemin presque obligé des immigrants africains. Il s'agit d'un phénomène que ne peut qu'être caractérisé comme logique, normal et irréversible et continuera, par conséquent, les prochaines années. Les mouvements migratoires ne peuvent s'arrêter et la géographie ne peut être modifiée.

Les Îles Canaries et l'Espagne ont besoin de l'immigration pour plusieurs raisons. N'oublions pas que l'Espagne, avec l'Italie et le Japon, est à la traîne en ce qui concerne le taux de natalité internationale, et possède par conséquent un chiffre élevé de population d'âge avancé. De plus, grâce à l'immigration africaine, l'agriculture a pu survivre, même en conditions précaires. Une main d'œuvre a été fournie aux secteurs de production tels que la construction, l'hôtellerie, les tâches ménagères ou les soins de personnes âgées. Sans la présence d'enfants d'immigrés, beaucoup de centres d'enseignement auraient fermé leurs portes par manque d'enfants non scolarisés.

Il faut que la société d'accueil, habituée au phénomène migratoire depuis une perspective exclusivement statistique - et, non alarmiste-, connaisse la réalité humaine de l'immigration et donne un visage à ces personnes qui vivent parfois de façon dramatique, l'éloignement de la terre qui les a vu naître.

En fin de compte, vivre c'est choisir… Il est important que tout être humain exerce sa liberté pour choisir le type de vie et un lieu approprié à ses aspirations et à ses opportunités : toujours en respectant la loi et les règles qui régulent la vie des citadins du pays qu'ils ont choisis comme objectif de leur aventure migratoire.
 
D'ailleurs, l'immigrant est, en plus, beaucoup plus qu'un travailleur ou une source de problèmes : c'est un être humain qui aime, qui sent, qui a le mal du pays et qui éprouve la joie et la tristesse.

Plus d'informations sur l'Afrique sur «Kharito»

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